• Axelle.S

Ça y’est j'me lance !


Il m’aura fallu une année entière pour me décider à franchir le cap de l’entrepreneuriat et je souris quand je repense au chemin parcouru jusque-là.


Souvenez-vous de mon post sur la thérapie du dressing ? celui où je prenais enfin conscience de mon âge et de ce changement évident que ma vie prenait.

C’était au mois d’avril 2021, j’étais en pleine écriture pour mon blog, je commençais à m’habituer à ma nouvelle région, mon mari et moi -même vivions paisiblement dans notre nouvel appartement.

Mais derrière cette vie aux apparences trompeuses, mon cerveau, propriétaire agité de ma boite crânienne, manquait clairement de sérénité.

Sa production d’idées et de pensées tournait à plein régime exerçant sur moi une forme de réflexion permanente qui, je le savais me mènerait quelque part, mais où ?

Qu’allais -je faire, concrètement, de ma vie professionnelle ?

Je ressassais inlassablement mes expériences, mes connaissances, mes capacités, mes passions, mes envies, mes valeurs, mes attentes, mes moyens physiques, matériels et financiers, ma vie privée.

En bref, chaque jour était semblable à une psychanalyse combinée au bilan de compétences du pôle emploi.


Cependant, deux choses plutôt anodines revenaient sans cesse parmi ces réflexions multiples et variées: savoir de quoi serait composée ma nouvelle garde-robe (grandement épurée quelques jours auparavant) et comment éviter d’impacter notre environnement avec des achats nocifs et inutiles …

Avouez que la valeur de ces deux interrogations au beau milieu d’une remise en question de la plus haute importance semblait clairement inappropriée….Et pourtant….J’étais bien loin de me douter qu’elles seraient la source de ma nouvelle grande aventure.

Devant mes écrans, 20 % de mon temps était destiné à la recherche de mon futur emploi contre 80% sur des sites de ventes en ligne proposant des masses de vêtements en tous genres ainsi que des sites d’actualités évoquant la fast-fashion et son désastre écologique (impossible de valider sereinement mes paniers après de telles révélations.)

Peut-être qu’une mode écoresponsable sobre et minimaliste comblerait mes attentes….

Pas vraiment.

J’étais charmée par le choix des matières certifiées et l’engagement des créateurs mais le style ne m’évoquait rien …

Si ! la nouvelle collection Chloé, par Gabriela Hearst, correspondait à mes attentes stylistiques et responsables mais à quel prix !


L’idée, qui m’avait parfois traversé l’esprit, d’ouvrir une boutique en ligne de mode féminine réapparaissait subitement.

Quels styles de vêtements pourrai-je proposer à mes futures clientes, si je ne savais pas moi-même où et comment m’habiller ???


Un soir, alors que mon mari me présentait un ancien collègue et sa compagne, je répondais à leurs questions sur ma situation du moment et le dilemme de mon projet professionnel.

Ce à quoi ils soumettaient l’éventualité de créer ma propre marque de mode féminine. Ma réponse était catégorique : je ne m’en sentais pas capable, c’était trop risqué. Point.


Ce n’est que quelques jours plus tard, en repensant à cette conversation que je me questionnais sérieusement sur ce sujet.

Comment pouvais-je prétendre ne pas en être capable avant même de m’être informée ?

Une nouvelle recherche venait compléter les deux précédentes.

Je voyageais à présent dans les coulisses de la mode : stylistes et modélistes, tissus et patronages, ateliers et façonniers :

Je me familiarisais progressivement avec tout cet univers qui m’était jusqu’alors inconnu.

Je prenais aussi un réel plaisir à lire les histoires et les « à propos » des sites de marques qui ressemblaient à celle que je pré-supposais créer.

Le parcours de tous ces créateurs était passionnant. Eux aussi avaient hésité, eux aussi s’étaient posé des questions, eux aussi n’étaient pas tous issus d’école de mode ou de commerce.

Certains créateurs autodidactes étaient bien là, devant moi, avec leur collection, leur boutique en ligne, leur marketing et communication, leurs tarifs et leurs clients.


Si certains l’avaient fait pourquoi moi je ne le ferais pas ?


C’était une belle manière de réunir mes valeurs écoresponsables et ma passion du vêtement.

J’avais un esprit créatif, un goût certain pour la mode, l’envie de contribuer au bien-être de notre planète, un caractère déterminé, un mari présent et encourageant, la volonté d’avancer à ma façon (pas celle des autres) et du temps.

Il me manquait l’expérience, les connaissances, le financement et les futures clientes (attention, je sens votre sourire sceptique…)

Je devais me constituer une petite équipe d’experts, me former et soulever des fonds.


Fort de ces constats, ce qui m’avait paru inaccessible, inconcevable sonnait maintenant comme une évidence !


Le premier informé fût mon mari, quelque peu surpris par cet inattendu changement de cap, mais toujours confiant et rassurant.

J’en parlais aussi à deux/trois personnes que je savais pragmatiques, sincères et bienveillantes.

Par chance, leurs retours furent positifs ce dont j’avais besoin pour me lancer.


Mon projet venait de naitre, il avait du sens et me faisait vibrer.

Je m’y sentais à ma place, prête à ressentir les angoisses, le stress, les excitations et satisfactions. L’euphorie des réussites, le désespoir des échecs …les émotions sinueuses d’une cheffe d’entreprise.

Le mot était lâché ! J’allais devenir la cheffe d’orchestre de ma petite entreprise et créer ma propre collection.

J’allais gravir mon Kilimandjaro, déterminée à atteindre son sommet pour y planter mon petit drapeau.

Je savais que le chemin serait semé d’embuches mais que c’était le projet de ma vie, que c’était maintenant ou jamais et que cette décision était la bonne.

Cette idée germait au fond de moi depuis bien des années mais la trouille de l’échec avait automatiquement fait barrage. L’instinct de protection est l’ennemi de la prise de risque qui pourtant n’est pas toujours synonyme de faillite.


Entre nous, J’espère pouvoir redire la même chose dans quelques années, mais d’ici là me voici prête pour l’ascension de ma montagne.


By Axelle